Culte du 12 septembre : La vie reçue dans l’alliance de Dieu

Exode chapitre 24, versets 3 à 8 :
Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du SEIGNEUR et toutes les règles. Tout le peuple répondit d’une seule voix : « Tout ce que le SEIGNEUR a dit, nous le ferons. »
Moïse écrivit toutes les paroles du SEIGNEUR.

Puis il se leva de bon matin ; il bâtit un autel au pied de la montagne, avec douze pierres levées, pour les douze tribus d’Israël. Il envoya de jeunes Israélites offrir des holocaustes et des sacrifices de communion au SEIGNEUR : des taureaux.
Moïse prit la moitié du sang, qu’il mit dans des bassines ; de l’autre moitié du sang il aspergea l’autel.
Il prit le livre de l’alliance et le lut au peuple ; ils dirent : « Tout ce que le SEIGNEUR a dit, nous le ferons et nous l’écouterons. »

Moïse prit le sang et en aspergea le peuple, en disant : « Voici le sang de l’alliance que le SEIGNEUR a conclue avec vous sur toutes ces paroles. »

Prédication par la pasteure Marie-Pierre Cournot :
Jespère que vous allez vous remettre de ce récit !
Cette scène de sacrifice animal se rapproche tout de même un peu d’un film d’horreur ! Imaginez, on égorge des taureaux, là, sur la table, et ensuite, hop ! on asperge la table et puis on vous asperge vous tous qui êtes venus au culte !
Douche de sang pour tout le monde !

Qu’est-ce que cela peut bien avoir comme signification, ce geste étonnant qui ne se retrouve nulle part ailleurs dans l’Ancien Testament ?
Peut-être que la dernière phrase de notre passage va nous éclairer : « Voici le sang de l’alliance que le SEIGNEUR a conclue avec vous sur toutes ces paroles. »

Reprenons depuis le début.
Moïse, qui revient de son rendez-vous avec Dieu en haut du mont Sinaï, rapporte au peuple tout ce que Dieu lui a transmis comme lois et commandements. Et le peuple répond d’une seule voix : « Tout ce que le SEIGNEUR a dit, nous le ferons. »
Pour être bien sûr que rien ne se perde, Moïse met tout par écrit. Et le lendemain c’est le jour pour le rituel du sacrifice des taureaux.

Moïse, nous dit le texte commence par se lever tôt.
Il faut dire que l’enjeu est important puisque ces sacrifices vont être le signe de l’alliance que Dieu fait avec les êtres humains. Se lever c’est se mettre debout.

Ensuite Moïse construit un autel au pied de la montagne : voilà que devant un énorme monument naturel très élevé, le mont Sinaï, Moïse fabrique un petit autel de tout au plus quelques dizaines de centimètres de haut en posant verticalement douze pierres. Quand Moïse, qui avait passé un certain temps tout en haut du mont Sinaï à écouter Dieu, redescend dans le désert auprès du peuple, pour témoigner de cette rencontre qu’il a eu avec Dieu, il fait ce qu’il peut pour mettre un peu d’élévation dans ce monde d’horizontalité, de bassesse, de platitude attendue dans lequel ils sont.
Il faut penser ces pierres levées comme des accidents du paysage, qui seront pour toujours les témoins de la rencontre de Moïse avec Dieu.

Le premier enseignement de ce texte, c’est que l’on peut dans notre monde tout plat et tout formaté, créer un accident de programme pour témoigner que Dieu est présent dans notre vie.
Aller au culte, ça peut être cet accident de programme.
S’arrêter pour prier dans sa journée de travail.
S’arrêter de parler pour écouter les autres, pour écouter Dieu dans la parole des autres.
À chacun de trouver son accident de programme.

Moïse prend ce qu’il a sous la main pour faire son autel. Il est dans le désert aride et rocailleux et il se baisse pour ramasser des pierres qu’il va mettre debout. Rien d’extraordinaire. Pas de métal précieux ni d’essence de bois rare ou de pierres précieuses. Seulement des pierres au milieu du désert.
Cela me fait penser à Jacob, le petit fils d’Abraham. Il traverse le désert et s’arrête pour dormir, sa tête posée sur une pierre. Il rêve d’une échelle sur laquelle vont et viennent des anges envoyés de Dieu. Quand Jacob se réveille il redresse la pierre qui lui servait d’oreiller, l’asperge d’huile et en fait ainsi un autel pour Dieu en témoignage de ce rêve de proximité avec le divin.

Le deuxième enseignement de ce texte, c’est qu’on peut décider de louer le Seigneur, là où on est, avec ce qu’on a sous la main, comme une pierre que l’on redresse et qui devient le témoin d’un rendez-vous ou d’un événement où l’on a rencontré Dieu.
Cet accident de programme, il se fait avec trois fois rien, les choses où les personnes que l’on a autour de soi.

Ensuite, Moïse envoie des jeunes gens préparer les sacrifices.
Les sacrifices étaient très pratiqués en Israël comme dans tout le Proche Orient Ancien. Ils servent à remercier un dieu, à apaiser sa colère, à gagner sa faveur, à se faire pardonner un péché, à se purifier, à guérir d’un certain nombre de maladies … Et le sacrifice sert aussi pour conclure des alliances.
Ces sacrifices doivent se dérouler selon un rituel précis qui nous est raconté ailleurs dans l’Ancien Testament, dans le livre du Lévitique. Il existe plusieurs types de sacrifices d’animaux, qui ont chacun des appellations et des fonctions différentes.
Dans notre texte, il y en a deux : le sacrifice d’holocauste et le sacrifice de communion.

Les « holocaustes », vient d’un mot grec qui veut dire entièrement brûlé. Le mot hébreu que l’on traduit par holocauste vient d’une racine qui veut dire « vers le haut », « monter » ou « pousser » pour des plantes. Les sacrifices d’holocauste c’est ceux où l’animal était entièrement brûlé, tout était donc transformé en fumée qui montait vers le haut, vers Dieu. En quelques sorte tout était pour Dieu.  
D’ailleurs ce verbe hébreu qui veut dire monter, veut aussi dire « aller à la rencontre », « rendre visite ».

Les sacrifices de communion, vous savez ce que c’est les sacrifices de communion ?
On traduit parfois par sacrifice de paix, c’est ceux où les morceaux de viandes étaient répartis en trois catégories : la graisse et les morceaux de choix étaient réservés pour Dieu et entièrement brûlés pour Dieu, certains morceaux étaient réservés aux prêtres et les derniers revenaient à la personne qui avait offert le sacrifice, elle va se nourrir de cette viande. Souvent, le « sacrifiant », celui qui offrait le sacrifice à Dieu, donnait ensuite un banquet avec la part qui lui revenait de ses animaux tués en sacrifice. Il faut se souvenir qu’à l’époque, une grande partie de la viande consommée est issue des sacrifices. Il y a donc un lien très fort entre sacrifice et alimentation.

Et pour nous aussi, il y a un lien entre ce que l’on partage et ce que l’on a reçu de Dieu.
Partager, mettre en commun, manger ensemble, c’est une façon de rendre à Dieu ce qu’il nous a donné. L’horizontalité de la communion ouvre la verticalité du lien avec Dieu.

Et puis il y a le rituel du sang décrit dans notre texte.
Une fois qu’on a découpé les animaux et réparti les morceaux suivant leur trois destinations, le sang est versé par le prêtre sur l’autel. Le sang, c’est le symbole de la vie. La vie, donc le sang, appartient dans le contexte de l’époque à Dieu le créateur de toutes choses et de tout être vivant.
L’autel, je vous rappelle qu’ici ce sont les douze pierres levées, c’est à la fois le témoin de cette alliance que Dieu fait avec les êtres humains et en quelque sorte le symbole de Dieu lui-même. Asperger de sang cet autel, même si c’est du sang animal, c’est comme rendre à Dieu ce qui lui appartient, ce qu’il nous avait donné pour vivre. Il y a quelque chose de l’abondance, du débordement, dans le geste de Moïse qui arrose les douze pierres de sang.

Ce sang, cette vie, deviennent le symbole de l’alliance que Dieu fait avec les êtres humains : « Voici le sang de l’alliance que le SEIGNEUR a conclue avec vous sur toutes ces paroles. »
Cette alliance est tellement foisonnante et débordante de vie, que pour la symboliser, Moïse peut bien arroser largement de sang les douze pierres élevées en autel. Et il peut même, en arroser la foule.

Pourrait-on imaginer un signe plus fort pour témoigner que nous sommes tous remplis de la même vie, celle que l’alliance de Dieu nous garantit, que d’être baignés ensemble dans le même sang, fût-ce un sang animal ?
L’enjeu de ce sacrifice, n’est pas d’offrir sa vie, mais de la recevoir. Recevoir la vie de Dieu, la vie symbolisée par le sang, qui venant d’en haut asperge la foule.
L’enjeu c’est de recevoir la vie pour soi et de la partager avec tous. C’est le même sang pour tout le monde.

L’alliance, nous dit Moïse, c’est celle que Dieu conclut avec vous.
Ce n’est pas celle que nous concluons avec Dieu. C’est Dieu qui a l’initiative. Comme pour la vie qu’il nous donne, il nous propose une alliance.

Pour sceller cette alliance, je ne donne pas ma vie, je la reçois !
Et je la reçois en partage avec mes frères et sœurs.

Dans la Sainte Cène que nous allons recevoir tout à l’heure, il y a de ça aussi. Le symbole de la vie, c’est le vin ou plutôt le fruit de la vigne. Nous le recevons comme une nouvelle vie qui nous est donnée, à tous ensemble réunis aujourd’hui.

Tout est à l’initiative de Dieu.

Amen.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s